La Terre, surnommée la planète bleue, est la troisième planète du système solaire en partant du soleil. C'est la plus grande des planètes telluriques du système solaire et aussi le seul endroit connu de l'Univers à abriter la vie.
L'âge de la Terre est actuellement estimé à 4,554 milliards d'années, début de l'Hadéen (premier éon).
Les plus anciennes roches connues ont un âge d'environ 4 milliards années ; rares sont celles dont l'âge dépasse 3 milliards d'années. Les plus anciens fossiles témoignent de l'existence d'organismes il y a 3,9 milliards d'années.
Les différentes périodes de l'histoire de la Terre sont résumées dans le tableau de l'échelle des temps géologiques.
L'état actuel de nos connaissances sur notre planète nous fait accepter sa forme de type sphérique. Longtemps, quoique des philosophes et mathématiciens aient énoncé des théories et procédé à des calculs, l'idée est restée répandue dans la société que le monde habité ne pouvait être sphérique de part en part.
Les philosophes grecs à partir de Parménide (puis Platon et Aristote) avaient compris que la Terre était sphérique. Ératosthène donna du rayon terrestre une estimation très proche de la réalité. Le géographe Ptolémée fournit au IIe siècle des informations géographiques qui répondaient bien aux besoins de son époque, et encore jusqu'à la Renaissance.
La civilisation arabo-musulmane conserva l'idée que la terre était sphérique, pour des raisons sans doute religieuses. Dans l'occident chrétien, cette idée fut abandonnée jusqu'au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, les philosophes Albert le Grand et Roger Bacon avaient très bien intégré la représentation sphérique.
Les récits de voyages de missionnaires, de Marco Polo et de l'explorateur Jean de Mandeville (avec son Livre des merveilles du monde) répandirent dans la société l'image d'une terre sphérique, autour de laquelle on pouvait théoriquement faire une « circumnavigation ». L'Imago mundi du cardinal Pierre d'Ailly retenait cette représentation sphérique. On sait que Christophe Colomb était sans doute influencé par le Livre des merveilles du monde de de Mandeville, et qu'il possédait un exemplaire de l'Imago mundi.
Les voyages de Vasco de Gama, de Christophe Colomb et de Magellan ont conforté cette idée d'une terre sphérique. Les réflexions et travaux en géographie (relevés cartographiques, projection de Mercator, au XVIe siècle...) ont permis de faire évoluer notre difficulté à comprendre sa forme. Il a fallu attendre la traversée de l'Atlantique par Christophe Colomb pour que l'expérience confirme l'intuition de la possibilité de circumnavigation, que l'on pressentait de plus en plus en fonction de la connaissance accumulée.
Mais jusqu'à Christophe Colomb, le doute sur la forme sphérique de la terre a persisté dans la société occidentale.
Après Christophe Colomb pourtant, d'autres questions, à caractère métaphysique, restaient encore sans explication :
Comment la Terre pourrait-elle vraiment être sphérique, car si tel était le cas, quelqu'un, de l'autre côté, vivrait la tête en bas ?
S'il y avait des océans, ne se videraient-il pas ?
Voyant le Soleil « se lever » et « se coucher », comment imaginer que la Terre tourne autour de l'astre solaire ?
La découverte de la force de gravitation permit d'expliquer ces phénomènes « étranges ».
Pourtant, la gravitation ne pouvait pas non plus expliquer tous les phénomènes. Si la gravitation était la seule force du monde :
Pourquoi le plafond ne nous tombe-t-il pas sur la tête lorsque nous sommes dans une maison ?
Pourquoi un aimant reste-t-il « collé » sur une surface verticale, alors que l'on penserait qu'il pourrait tomber ?
Comment les objets peuvent-ils rester compacts et ne pas s'effondrer sur eux-mêmes ?
etc.
On comprit aux XIXe et XXe siècles qu'il existe d'autres forces fondamentales de la physique.
La Terre est constituée de plusieurs couches internes identifiables à peu près concentriques : la croûte terrestre, le manteau supérieur (qui forme, avec la croûte terrestre, la lithosphère), l'asthénosphère, le manteau inférieur, le noyau.
Cette structure est connue au moyen de l'étude de la propagation des ondes sismiques entre une source et différents points de la surface terrestre.
La vitesse d'une onde sismique change en effet assez brutalement au passage entre deux couches de composition différentes. Ces limites ont parfois reçu des noms particuliers, tels que la discontinuité de Mohorovicic ou la discontinuité de Gutenberg.
La constitution de la Terre s'explique par son mode de formation, par accrétion de météorites, qui a produit une stratification en phase fluide par masse volumique décroissante depuis les couches internes vers les couches externes.
Sa surface est divisée en plusieurs plaques tectoniques :
la plaque Amérique du Nord : Amérique du Nord, Atlantique Nord-Ouest et Groenland
la plaque Amérique du Sud : Amérique du Sud et Sud-Ouest de l'Atlantique
la plaque Antarctique : Antarctique
la plaque Eurasienne : Atlantique Nord-Est, l'Europe et l'Asie à l'exception d'Inde
la plaque Africaine : Afrique, Sud-Est de l'Atlantique et l'ouest de l'océan Indien
la plaque Indo-australienne : Inde, Australie, Nouvelle-Zélande et la plupart de l'Océan Indien
la plaque de Nazca : à l'est de l'océan Pacifique qui est adjacent à Amérique du Sud
la plaque du Pacifique : la plupart de l'océan Pacifique
Il existe également une vingtaine de plaques plus petites telles que celles d'Arabie et des Philippines.
La Terre est entourée d'une enveloppe gazeuse qu'elle retient par attraction gravitationnelle : l'atmosphère.
Cette atmosphère donne à la planète un reflet bleuté depuis l'espace, d'où son surnom de « planète bleue » : la constitution et la densité de l'atmosphère sont telles que la lumière incidente du soleil et la lumière réfléchie par les continents et les mers sont diffractées (donnant sa couleur au ciel, et par réflexion, aux étendues d'eau).
Cette enveloppe, dont la masse globale est de l'ordre de 5 × 1018 kg (un millionième de la masse de la Terre), est contenue à 99 % dans les 30 premiers kilomètres (50 % dans les 5 premiers kilomètres).
La basse atmosphère (du niveau de la mer jusqu'à environ 45 km) est composée de gaz « permanents », gaz dont les proportions restent constantes, et de gaz de concentration variable avec l'altitude.
L'azote, l'oxygène et l'argon constituent, en volume, 99,997 % des gaz permanents (voir tableau ci-dessus) ; le brassage vertical de l'air permet de conserver une répartition constante à tous les niveaux, même pour les gaz les plus légers, tels que l'hélium ou l'hydrogène.
Les gaz à concentration variable sont essentiellement la vapeur d'eau H2O, le dioxyde de carbone CO2, le dioxyde de soufre SO2 et l'ozone O3.
Les particules liquides, solides, liquides ou mixtes en suspension dans l'atmosphère constituent l'aérosol atmosphérique.
Ces particules jouent un rôle primordial dans les phénomènes de condensation (nuages) et de formation de cristaux de glace, ainsi qu'à différents processus physico-chimiques dans l'atmosphère. Leur concentration varie de plusieurs puissances de 10 en fonction du lieu et du temps ; en concentration élevée, elles constituent un facteur de pollution. Les particules se classent en :
particules d'Aitken : 1 nm < d < 0,1 µm
grosses particules : 0,1 µm < d < 5 µm
particules géantes : 5 µm < d < 50 µm environ
L'atmosphère atténue de façon importante le rayonnement solaire reçu au sol ; suivant l'importance de la couverture nuageuse, le sol reçoit de 68 % à 28 % (ou moins) du rayonnement solaire parvenant à l'atmosphère.
La composition chimique de l'atmosphère, sa température, ou les phénomènes qui y sont observés présentent des discontinuités marquées lorsque l'altitude augmente. Ces discontinuités correspondent à des couches homogènes dont les propriétés évoluent de façon continue ; ce sont (par altitude croissante) :
la troposphère
la stratosphère
la mésosphère
la thermosphère
l'exosphère
Les limites de ces couches (d'altitude variable) ont reçu des désignations particulières : tropopause, stratopause, mésopause et thermopause.
La Terre possède un satellite naturel, la Lune, et de nombreux satellites artificiels. On lui associe aussi l'astéroïde 3753 Cruithne et d'autres astéroïdes géocroiseurs.
L'interaction entre la Terre et la Lune ralentit la rotation de la Terre de 2 millisecondes par siècle. On pense que, voici 900 millions d'années, il y avait 481 jours de 18 heures par an réf. nécessaire.
Les marées et la précession des équinoxes sont provoquées par la Lune et le Soleil.
L'accélération de la pesanteur (ou « champ de pesanteur ») varie légèrement à la surface de la Terre pour trois raisons :
Elle dépend de l'altitude, l'accélération étant inversement proportionnelle au carré de la distance entre le centre de gravité de la terre et le point où il est mesuré.
La Terre n'est pas parfaitement sphérique, mais un peu aplatie aux pôles, la gravitation est plus forte aux pôles, pour la même raison.
La Terre tourne sur elle-même, ce qui fait qu'un objet à l'équateur donne l'impression d'être un tout petit peu plus léger. (voir Force centrifuge).
D'autres facteurs peuvent influer de façon minime sur le champ de pesanteur local (Voir Gravimétrie) :
La composition du sous-sol (roches, grottes...)
L'accélération de la pesanteur peut se calculer comme suit :
g = 9,780318 [m/s2] × (1 + 5,3024×10–3 × sin2(L) + 5,9×10–6 × sin2(2×L) – 3,15×10–7 × h)
où :
L = la latitude
h = l'altitude en mètre.
Au niveau de la mer, h = 0 m :
à l'équateur (L = 0°) : g = 9,7803 m/s2
à la latitude (L = 45°) : g = 9,8063 m/s2
aux pôles (L = 90°) : g = 9,8322 m/s2